Depuis le 1er juillet 2026, les plafonds du taux d'usure applicables aux crédits immobiliers ont augmenté de 0,07 à 0,10 point selon la durée du prêt. Concrètement : 4,07 % pour les prêts de moins de 10 ans, 4,57 % pour ceux de 10 à 20 ans, et 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus. Cette révision trimestrielle, fixée par la Banque de France, redéfinit la marge de manœuvre des banques sur les taux qu'elles peuvent proposer — et rouvre parfois des portes fermées à certains emprunteurs au trimestre précédent.
Qu'est-ce que le taux d'usure, exactement ?
Le taux d'usure est le taux maximal légal qu'une banque a le droit de pratiquer pour un crédit. Il ne s'agit pas du taux nominal (le taux d'intérêt affiché), mais du TAEG — le Taux Annuel Effectif Global, qui inclut :
- le taux d'intérêt nominal du crédit,
- le coût de l'assurance emprunteur,
- les frais de dossier et de garantie (hypothèque, caution),
- les éventuels frais de courtage.
Si votre TAEG dépasse le taux d'usure en vigueur au moment de l'offre de prêt, la banque n'a pas le droit de vous prêter, quel que soit par ailleurs le sérieux de votre dossier. Le taux d'usure agit donc comme un plafond de protection pour l'emprunteur, mais il peut aussi devenir un obstacle administratif pour des profils dont le coût du crédit — notamment l'assurance — est élevé. C'est un facteur à intégrer dès le calcul de votre capacité d'emprunt, au même titre que le reste à vivre exigé par les banques.
Ce plafond est recalculé chaque trimestre par la Banque de France, à partir de la moyenne des taux effectivement pratiqués par les banques au trimestre précédent, majorée d'un tiers. C'est ce mécanisme qui explique la hausse du 1er juillet 2026 : les taux moyens ayant légèrement progressé au deuxième trimestre, le plafond suit avec un trimestre de décalage.
Les nouveaux plafonds au 1er juillet 2026
| Durée du prêt | Taux d'usure au 1ᵉʳ avril 2026 | Taux d'usure au 1ᵉʳ juillet 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Moins de 10 ans | 4,00 % | 4,07 % | +0,07 pt |
| De 10 ans à moins de 20 ans | 4,48 % | 4,57 % | +0,09 pt |
| 20 ans et plus | 5,19 % | 5,29 % | +0,10 pt |
Source : Banque de France, taux d'usure applicables au 1ᵉʳ juillet 2026.
Pour situer ces plafonds par rapport au marché : en juillet 2026, le taux nominal moyen constaté par les courtiers se situe autour de 3,30 % sur 15 ans et 3,40 à 3,50 % sur 20 ans, avec des meilleurs profils qui accèdent à 2,70 % sur 10 ans et 3,00 % sur 20 ans. La marge entre le taux nominal moyen et le plafond d'usure sur 20 ans (5,29 %) reste donc confortable — environ 1,8 point — sauf pour les dossiers où l'assurance ou les garanties pèsent lourd dans le TAEG.
Pourquoi cette hausse peut jouer en votre faveur
Un plafond d'usure plus élevé ne change rien au taux nominal que vous obtiendrez : les banques ne prêtent pas plus cher parce que le plafond monte. En revanche, il élargit la marge disponible pour absorber le coût de l'assurance emprunteur et des garanties dans le calcul du TAEG. Concrètement, cela profite surtout à deux profils :
- Les emprunteurs avec une prime d'assurance élevée — emprunteurs seniors, professions à risque, ou avec des antécédents médicaux entraînant une surprime. Un TAEG qui frôlait le plafond au deuxième trimestre peut désormais passer sous le seuil autorisé.
- Les emprunteurs sur les durées longues (20-25 ans), où le poids de l'assurance dans le TAEG est proportionnellement plus important, et où la marge gagnée (+0,10 point) est la plus significative.
À l'inverse, cette hausse ne change rien pour les dossiers déjà solides, avec un TAEG confortablement sous le plafond : elle ne fait ni augmenter ni baisser le taux qui vous sera proposé.
Le vrai levier reste la délégation d'assurance
Puisque l'assurance emprunteur pèse directement dans le calcul du TAEG comparé au taux d'usure, c'est souvent le levier le plus efficace pour faire rentrer un dossier sous le plafond — bien avant d'espérer une nouvelle hausse du taux d'usure au trimestre suivant.
Depuis la loi Lemoine, tout emprunteur peut changer d'assurance de prêt à tout moment, sans frais ni pénalité, dès lors que le nouveau contrat offre des garanties équivalentes à l'ancien (critère validé par le Comité Consultatif du Secteur Financier). Les banques sont tenues de répondre à une demande de substitution sous 10 jours ouvrés, et le seul motif de refus légal est la non-équivalence des garanties — aucun autre argument ne peut être opposé. Le régulateur y veille de près : plusieurs grands établissements ont été sanctionnés à hauteur de près de 900 000 € d'amendes cumulées en 2025-2026 pour non-respect de ces règles.
En clair : un emprunteur dont le dossier bute sur le taux d'usure a souvent plus à gagner en comparant les contrats d'assurance emprunteur qu'en attendant la prochaine révision trimestrielle. C'est aussi l'un des points clés pour obtenir un accord de prêt rapidement : un dossier où l'assurance est déjà optimisée passe plus facilement sous le plafond dès la première présentation.
Ce que ça change concrètement pour votre projet
- Si votre dossier a été refusé pour dépassement du taux d'usure au deuxième trimestre 2026, il peut être pertinent de le refaire chiffrer avec notre simulateur de capacité d'emprunt : la marge a légèrement augmenté.
- Si vous êtes en cours de négociation, gardez en tête que le taux d'usure applicable est celui en vigueur à la date de l'offre de prêt, pas à la date de la demande initiale.
- Si votre assurance emprunteur pèse lourd dans votre TAEG, comparer les offres en délégation d'assurance reste le moyen le plus direct de réduire l'écart avec le plafond ; notre simulateur de mensualité permet de visualiser l'impact d'un changement d'assurance sur votre mensualité, quel que soit le trimestre.
- Le prochain ajustement du taux d'usure interviendra le 1ᵉʳ octobre 2026, sur la base des taux moyens pratiqués au troisième trimestre.
Pour aller plus loin
- Capacité d'emprunt 2026 : comment calculer le montant que vous pouvez emprunter ?
- Qu'est-ce que le « reste à vivre » et comment les banques le calculent-elles en 2026 ?
- Comment obtenir un accord de prêt immobilier en 7 jours en 2026
- Simulateur de capacité d'emprunt
- Simulateur de mensualité
En résumé
La hausse du taux d'usure au 1er juillet 2026 est une bonne nouvelle technique pour les dossiers les plus contraints par le coût de leur assurance emprunteur, sans pour autant faire grimper les taux d'intérêt eux-mêmes. Le vrai enjeu reste, comme à chaque trimestre, de bien comprendre la composition de son TAEG et d'utiliser les leviers disponibles — en particulier la délégation d'assurance — pour construire un dossier solide. C'est exactement le type d'analyse que Martin fait pour chaque dossier, avec des frais affichés d'avance et sans surprise à la signature.
